English / עברית
17/01/12 Jacques Ranciére cancelled his visit to Israel

The Shpilman Institute for Photography, Photo-Lexic research group and the Minerva Humanities Center  regret to inform you Ranciére recently cancelled his upcoming visit to Israel, in which he was scheduled to give public lectures in Tel Aviv university.

Ranciére announced he will postpone his visit following the Palestinian call to boycot Israeli institutions which do not officially support the Palestinian struggle against the occupation.

In a message sent to Dr. Ariella Azoulay, Ranciére wrote (French):

J’avais accepté l’invitation à contribuer à la réflexion sur l’image d’un groupe de recherches dont le travail sur la photographie est étroitement lié à la dénonciation des violations du droit du peuple palestinien  depuis la naissance de l’Etat d’Israël.

L’intervention d’un collectif voué à faire respecter par les chercheurs étrangers le boycott des institutions universitaires israéliennes a changé le sens de cette visite en en faisant  une manifestation publique de rupture de ce  boycott , donc de soutien à l’Etat responsable de ces violations et de la situation d’oppression dans lequel est maintenu le peuple palestinien.

Je suis personnellement opposé aux sanctions collectives à l’égard de tous les citoyens d’un État et à l’égard de ses chercheurs, sans que soit prise en considération leur  propre attitude face à  la politique de cet Etat . Je n’ai donc ni à respecter ni à violer une décision à laquelle je n’ai pas personnellement adhéré . Mais il apparaît que , dans la situation présente, le contenu de ce que je pourrais dire pour répondre à l’invitation qui m’avait été adressé est devenu complètement secondaire par rapport à cette simple alternative,  et  il n’est pas aujourd’hui,pour des raisons de fatigue, en ma capacité de répondre d’une manière satisfaisante à la double exigence de la situation ainsi créée.

Je dois donc , en remerciant les personnes qui m’ont  invité et dont j’ai accepté l’invitation,   de leur proposer  de repousser  cette visite  à un temps où la réflexion sur ces questions aura progressé  et où je me sentirai moi-même plus en mesure d’y donner une réponse politiquement et intellectuellement satisfaisante.